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Épiage de lumière
10,00 €Voici, mezza voce, et le chant, et le cri d’un cœur à nu.
Épiage de lumière est dédié à Ariane, compagne aimée aujourd’hui disparue, compagne des merveilles
: lentement / les réverbères / inventent la nuit / le ciel turquoise / s’estampille d’énigmatiques étoiles // j’avance dans cette solitude / empli de toi / la ville entière palpite / au rythme / de nos rêves.Il est un avant et un après le départ de l’être cher. À la césure du recueil, le basculement dans le temps de l’absence est marqué, d’une encre noire nerveusement brossée, par deux larges traces qui se superposent arrimées l’une à l’autre, semblent entraînées au gouffre sous le vertige de la perte, et paradoxalement s’élèvent dans l’expansion d’une ascension commune.
Marc GRATAS, artiste, est un poète élégant, qui sait choisir ses mots avec sûreté, et ses silences avec justesse. Une sensibilité, à la fois intense et délicate, affleure dans un frémissement, ou bien s’enchante et s’exalte de rêverie désirante, ou encore s’assombrit sous un voile pudiquement élégiaque. À l’unisson, le lecteur vibre, ou sent son cœur se serrer…
J.H.
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Si loin que l’oiseau
10,00 €Daniel BROCHARD, « poète maudit » d’aujourd’hui, s’est donné la mort le 22 janvier 2023. Catherine ANDRIEU, son amie de toujours, lui écrit, si loin que l’ait emmené son essor, ce recueil dédié à sa mémoire.
Si loin que l’oiseau, plus qu’un livre d’hommage, est un livre d’orages. Il rend la vérité d’une relation complexe entre deux êtres inadaptés et épris d’absolu – l’un comme l’autre failles affamées d’ailleurs, béances de l’esprit ouvertes aux grandes traverses déroutantes de l’imaginaire.
L’entrechoquement des sentiments contradictoires, le chaos émotionnel, est la loi de cette relation. L’amour et la haine, bien sûr (dès le premier poème, qui donne la note de tout le recueil, et dans lequel les calembours crachent leurs sarcasmes désespérés) – et leurs nuances : tendresse, tristesse, attentes et espérances, désespoirs, ironie cinglante, douceur des souvenirs, compréhension, incompréhension, inquiétude, impatiences, appels et supplications, sentiment de proximité, effroi de la perte, reproches, accusations…
Catherine ANDRIEU est un esprit particulièrement lucide – quant à autrui, et quant à soi. Si pourtant l’exaspère, et l’excède et l’égare, le chaos émotionnel, c’est sans la diviser : car sa conscience réflexive sait la réunir à elle-même, par un détour qui la recentre. Ainsi, dans son art, dans sa poésie – comme peut-être dans tout Art, toute Poésie qui franchit les portes de corne et d’ivoire –, le chaos se révèle-t-il régime transcendant de la lucidité.
Si loin que l’oiseau est une œuvre de haute vérité, poétique et humaine.
J.H. -
Contes de la mort et de l’ankou
25,00 €A lire ces récits naguère contés à la veillée, la réponse à ces questions n’est pas aussi évidente qu’elle pourrait le sembler. Si tout le monde s’accorde pour considérer que la mort est juste car elle ne distingue pas les riches des pauvres, l’unanimité est loin d’être acquise pour ce qui est d’apprécier le meilleur moment pour rendre l’âme. Un moment pourtant essentiel, à ne pas manquer.
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Demeure l’absent
14,00 €En 1945, Joseph n’est pas revenu. Demeure l’absent témoigne de lui, de son absence, et de tous ceux qui ont voulu le retrouver. Ils ne l’ont pas oublié.
« Chaque fois que j’ouvre cette boîte, je suis prise du même découragement. Les lettres semblent ne jamais pouvoir être classées pour former un récit cohérent. Certaines ne sont pas datées. Parfois le tampon de la Poste s’est effacé. Certaines enveloppes sont vides et certaines lettres sont sans enveloppe. Les mots s’effacent, écrits à la mine. Le papier est piqué par endroits, tellement usé que des trous apparaissent dans le texte. Des passages ont été censurés. Il est impossible de
deviner ce qui est écrit sous le crayon noir, même en transparence. » -
Quand le pic noir sera de retour…
15,00 €Après la mort de sa mère, Elise est persuadée que celle-ci hante la maison et lui demande des comptes. Elle décide alors de s’adresser à elle pour revisiter le passé tel qu’elle l’a vécu. Pratiquement isolée du reste du monde, en proie à une sorte de fièvre paranoïaque qui donne son rythme au récit, elle tape sur son ordinateur – personnage à part entière –, un réquisitoire implacable. L’ombre du Pic noir, mystérieux messager qu’elle attend inlassablement, plane sur son histoire. Mais au cours de ce
» dialogue », une autre vérité se fait jour qu’Elise se refuse à admettre, jusqu’au dénouement… -
Je suis mort hier, à quatorze heures…
12,00 €Le narrateur – qui ressemble beaucoup à l’auteur – témoin privilégié, raconte à la première personne ses obsèques et les conséquences de sa mort chez ses proches, amis et entourage politique, souvent amusé par les réactions des uns et des autres. Ce fil rouge permet de porter un jugement distancié sur les êtres et les choses de la vie. Quand je dis 14 heures, c’est par recoupement. J’étais arrivé vers 12 h 30 au café de la Rose pour y disputer la partie de tarot qui réunit presque quotidiennement notre bande de copains, des profs pour la plupart, depuis près de trente-cinq ans. Trente-cinq ans que nous faisons des petites, des pousses, des gardes, des gardes sans ou contre (mais bien plus rarement), en commentant l’actualité et en riant des jeux de mots, souvent très drôles, du plus jeune d’entre nous, éric, intarissable en ce domaine.