l'édition aujourd'hui en France

La production en France

Chaque année il est édité en France environ 65 000 titres (65 745 en 2003, 65 345 en 2004 et 66 728 en 2005). Selon les années plus ou moins 50% de ces titres sont des réimpressions d’ouvrages, soit par an environ 32 000 nouveautés. Enfin, cette production représente 547 millions d’exemplaires en 2005.
Le nombre de nouveautés annuelles, variable selon les années, est en moyenne en hausse depuis plusieurs années ; par exemple en 1993 le nombre de nouveaux titres était de 23 123, contre 30 963 en 2003.
Cet accroissement du nombre de titres paraît plutôt positif. Il est entre autres dû aux nouvelles techniques d’impression facilitant la réalisation des livres et diminuant leurs coûts. Mais sans doute aussi à la marchandisation du livre, qui entraînent à la fois la nécessité de produire plus, notament des nouveautés qui engendrent plus de vente, et à la fois la recherche constante d’augmenter le marché du livre et les chiffres d’affaires.

En une dizaine d’années, les ventes en nombre d’exemplaires sont passées de 324 millions (en 1990) à 412 millions (en 2005). Mais cette augmentation (environ 30%) est bien inférieur à l’augmentation du nombre de titres par an (environ 70%). En effet l’augmentation du nombre de titres s’accompagne d’une baisse moyenne des tirages, et des ventes par titre. Le tirage moyen d’un ouvrage, tous domaines confondus (c’est à dire petit tirage et best-sellers compris) est passé de 10 000 à 7 500 exemplaires par titre, pour des ventes moyennes qui seraient aujourd’hui de 6 000 exemplaires.

Concernant les ventes en France, il est bon de savoir que en 2005, seulement 41 titres étaient vendus à plus de 100 000 exemplaires (sur les 66 728 titres édités) et sur ces 41, seulement 3 dépassaient le million (Astérix vol.33 : 1 655 000, Harry Potter: 1 365 000, Da Vinci Code : 1 128 000).

Les types d’ouvrages

Il est intéressant de jeter un oeil sur les types d’ouvrages édité en France, notamment parce qu’ils réservent quelques surprises. Notons par exemple que la littérature générale, pourtant symbole de l’édition dans l’esprit de tous, ne représente que 22,7% des ventes.

Voici une rapide présentation des catégories de livre existantes et de leur importance, en pourcentage du Chiffre d’Affaires et des ventes :

-types d'ouvrages - % du CA de l'édition française - % des ventes en France

- Littérature 18,0 22,7 dont : Romans 17,7 22,3 / Poésie, Théâtre 0,3 0,3 / Jeunesse 11,2 17,3
- Dictionnaires et encyclopédie 10,6 12,4
(dont 10,4% des ventes pour les encyclopédie
en fiches et fascicules)
- Enseignement scolaire 11,8 12,1
- Beaux Livres et livres pratiques 17,4 11,7
- Bande dessinée 8,0 10,0
- Sciences humaines et sociales 9,8 3,9
- Cartes géographiques, atlas 2,3 3,9
- Documents, actualités, essais 4,0 2,8
- Religion et ésoterisme 1,8 1,6
- Sciences, techniques, médecine, gestion 4,9 1,4
- Ouvrages de documentation 0,2 0,2

Les éditeurs connaissent ces chiffres, et les types d’ouvrages qui se vendent ou non. Certaines catégories sont quasi-inexistantes chez les éditeurs généraux, mais constituent en revanche la majeure partie des catalogues d’éditeurs spécialisés. Les livres scolaires ou la Bande-Dessinée sont les exemples les plus parlants, mais il en est de même pour les ouvrages de médecine, de théâtre, ou d’archives documentaires. D’autres types d’ouvrages (Beaux-Livres, Atlas, Poésie, Science, etc.) sont plus répandus chez les éditeurs généraux mais y demeurent des ouvrages moins fréquents que les romans, les livres historiques, ou les ouvrages pour jeunesse (autrefois laissés à des éditeurs jeunesses mais aujourd’hui devenus un secteur de l’édition en plein essor).

Il est souvent plus facile pour un auteur de trouver son lecteur, de décrocher un éditeur (et de comprendre ses choix et ses refus), de se faire connaître, lorsqu’il sait se positionner et s’adapter à ses catégories d’ouvrages.

L'édition indépendante

Un éditeur indépendant est un éditeur n’appartenant pas à l’un des grands groupes éditoriaux français, ni à aucun autre type d’organisme (entreprise, syndicat, etc.) Beaucoup de ces éditeurs indépendants peuvent être qualifié de “ petit “, non par leur qualité, mais par leur chiffre d’affaires en comparaison des grands groupes. Sur 3 000 éditeurs recensés par le SNE, seulement 208 ont un CA dépassant 500 000 euros (seuil utilisé par l’administration fiscale pour distinguer petite et moyenne entreprise).
Parmi ces 2 800 autres structures d’édition, que l’on peut qualifier de “petits éditeurs”, la plupart sont, par choix ou force des choses, des éditeurs indépendants. Ces éditeurs sont de tailles et de sortes différentes. Leur forme juridique varie (association, Sarl, coopérative, etc.). Leur localisation géographique varie, avec une vraie différence de moyens entre Paris et la province (médiatisation, subvention, lectorat, etc.), spécialisation ou non, avec ou sans salarié, familiale ou professionnelle, petit ou gros catalogue...

Une étude menée par Dilicom, sur la base du FEL (le fichier exhaustif de l’édition), indique qu’il y aurait environ 3 000 éditeurs indépendants et qu’ils représenteraient 25% des titres publiés en France. Selon l’enquête réalisée par le SNE, sur un échantillon de 307 éditeurs, dont 113 sont indépendants, ils réprésenteraient 10% des titres publiés, et autour de 1% du CA global.

Ainsi ces éditeurs représentent une part non négligeable de la production française, mais surtout permettent l’édition d’ouvrages hors mode, ne répondant pas avant tout à un besoin de rendement et de rentabilité. Ils permettent aussi le maintien de certains secteurs de l’édition très peu rentables, voire pas du tout rentables, tels que la poésie, demeurant d’une richesse de création impressionnante, mais représentant moins de 0,3 % des ventes de livres en France.

 

 
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